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Dorloteurs

L’anthidium manicatum, plus communément appelée « abeille cotonnière » est une espèce d’abeille sauvage que l’on nomme ainsi pour son utilisation de fibres végétales d’aspect cotonneux pour fabriquer son nid.

C’est l’espèce d’abeilles non gérée par l’homme la plus répandue dans le Monde. Elle est même considérée à certains endroits, en dehors de l’Europe, comme une espèce invasive.

Comment reconnaître une abeille cotonnière ?

L’abeille cotonnière est assez reconnaissable parmi les abeilles solitaires. Elle a une envergure d’environ 20 millimètres et une longueur de corps variant entre 11 et 13 millimètres pour les femelles et entre 14 et 17 millimètres pour les mâles qui sont donc nettement plus grands.

On les reconnaît par leur couleur noire et leurs taches jaunes sur les côtés de leur abdomen.

Attention tout de même à ne pas les confondre avec des guêpes ou encore avec des frelons ! Pour cela, il faut bien observer si l’insecte a de la fourrure ou non car les guêpes et les frelons sont glabres contrairement aux abeilles qui sont poilues.

Quel est le comportement des anthidiums manicatums ?

Actives entre le mois de juin et le mois de septembre environ, ces abeilles butinent toutes sortes de fleurs et de plantes ce qui les définit comme des pollinisateurs généralistes.

Néanmoins, ces abeilles sauvages ont une préférence pour les fleurs de couleur bleue comme l’épiaire, la lavande ou encore les phacélies qu’elles aiment butiner à des endroits ensoleillés.

Certes non menacée, nous devons tout de même protéger cette espèce qui représente un véritable atout pour notre environnement et la biodiversité.

Pour ce qui est de leur agressivité, les mâles sont agressifs envers les autres mâles de leur espèce et envers les différents insectes qui viennent butiner leur territoire. Pour protéger ce territoire et les femelles, les mâles percutent leur cible en plein vol en les frappant avec leur dard.

Les anthidiums manicatums peuvent rester plusieurs heures à dormir en volant avec pour seule attache à une plante, leurs mandibules. Elles peuvent également être stationnaires et voler sur place comme certaines mouches.

Comment les abeilles cotonnières fabriquent-elles leur nid ?

L’abeille cotonnière niche dans les cavités déjà existantes comme dans du bois, dans des trous d’arbres, dans des creux de murs, dans des galeries creusées par des insectes ou encore dans le sol. Ainsi, vous aurez peut-être la chance de pouvoir la voir s’installer dans votre Dorlotoir et l’observer.

Pour fabriquer leur nid, elles arrachent les poils et les fibres des plantes et en font de petits ballots qu’elles transportent sous leur corps pour en tapisser et garnir leur nid et ainsi isoler leurs cocons et bloquer le tunnel.

Alors ouvrez l’oeil et essayez d’apercevoir ces petites pollinisatrices à proximité de vos Dorlotoirs !

Avez-vous récemment remarqué des trous ovales et réguliers sur vos plantes ? Ce travail n’est peut-être pas le fruit de parasites mais celui des mégachiles, aussi appelées abeilles coupeuses de feuilles.

Qu’est-ce qu’une mégachile ?

Les mégachiles regroupent des dizaines d’espèces d’abeilles différentes, réparties en sous-espèces. Elles ont la particularité de découper des feuilles ou des pétales de fleurs d’une façon tellement régulière et nette qu’on dirait des trous de poinçons, d’où leur nom d’abeilles « coupeuses de feuilles ». Leur travail n’est pas à confondre avec celui de certains parasites tels que les otiorhynques, des coléoptères, qui font un travail beaucoup moins précis, moins net et moins circulaire. Les mégachiles sont des abeilles de taille moyenne (entre 5 et 20 mm) et d’aspect différent selon l’espèce.

Pourquoi les mégachiles découpent-elles les plantes de mon jardin ?

Ces petites abeilles championnes de la pollinisation découpent nos plantes afin de fabriquer le nid dans lequel elles pondent leurs œufs.

Elles fabriquent leur nid dans des cavités creuses déjà existantes comme des tiges de plantes, des trous dans des roches ou dans du bois mais également des fentes d’objets fabriqués par l’homme comme des trous d’aération de fenêtres, des poutres ou autres.

Une fois l’emplacement de leur nid trouvé, elles l’agrandissent si besoin et le nettoient avant de le tapisser de feuilles.

Leur drôle de nid en forme de cigare

Leur nid est une longue série de cellules dans lesquelles elles déposent successivement du nectar et du pollen puis un œuf avant de refermer chaque cellule par une feuille en guise de cloison. Composé de coupes de feuilles ou de pétales circulaires de tailles différentes, des coupes plus grandes pour les parois et des coupes plus petites pour les cloisons, leur nid a l’aspect d’un cigare.

Les mégachiles ne choisissent pas les feuilles au hasard. Elles découpent des feuilles minces, lisses et souples afin de pouvoir les rouler facilement pour tapisser leur nid. Elles privilégient alors les feuilles de rosiers, de hêtres ou encore de cerisiers par exemple.

La mégachile : une abeille au cycle de vie très court

Les mégachiles ne vivent pas longtemps et il n’y a qu’une seule génération d’abeilles par an.

Chaque œuf se transforme en larve qui se nourrit du nectar et du pollen déposé au fond de sa cellule avant de se créer un cocon pour passer l’hiver.

Vous pouvez les observer à partir du mois de mai où les premières jeunes abeilles sortent de leur cocon et cherchent à se reproduire et à fabriquer un nid.

Les mâles meurent peu de temps après la reproduction et les femelles quelques semaines après la ponte dans leur nid.

De plus, les mégachiles peuvent être les proies de prédateurs comme certaines espèces de guêpes ou d’abeilles qui pondent leurs œufs dans leur nid ou mangent leurs larves. C’est une population qui est encore peu suivie et méconnue.

Les trous laissés par les mégachiles dans mes plantes risquent-ils de les faire mourir ?

Ne vous inquiétez pas ! Les dommages causés à vos plantes ne sont qu’esthétiques et ces dernières n’en souffrent pas. Au contraire, cela stimule la pousse de leurs feuilles ! Alors ne tuez pas ces petites butineuses en essayant de traiter vos plantes car les abeilles sauvages sont essentielles à notre biodiversité.

Dès le mois de mars, les abeilles sauvages font leur nid dans vos Dorlotoirs. Elles construisent des cellules en enfilade, chacune de ces cellules contenant un œuf et un stock du pollen. La larve issue de l’œuf consomme le stock de pollen pour se développer, grandir et construire son cocon, dans lequel elle passera ensuite de longs mois avant d’éclore. Les nids des abeilles maçonnes peuvent représenter de véritables garde-manger pour certains parasites qui n’hésitent pas à s’attaquer aux nids de vos petites butineuses. Quels sont les principaux parasites que l’on retrouve dans les nids des abeilles sauvages ? Comment limiter leur impact ?

L’acarien du pollen (espèce Chaetodactylus osmiae)

Quel est le mode d’action de cet acarien ?

 Ce type d’acarien se nourrit de pollen et peut donc être présent sur certaines fleurs. Lorsque l’abeille sauvage butine et repart de la fleur les poils chargés de pollen, elle peut ramener – bien malgré elle – des acariens dans son nid. Une fois installés dans les cellules du nid, ces petits parasites se reproduisent et s’attaquent aux réserves de pollen.

Au début du printemps, lorsque les jeunes abeilles d’autres cellules sortent du nid, elles passent à travers ces cellules infestées par les acariens, et deviennent porteuses à leur tour. Il existe de nombreuses photos de ces pauvres abeilles, disparaissant pratiquement sous une montagne d’acariens, presque incapables de voler sous leur poids (voir ci-dessus).

Comment préserver les populations d’osmies des acariens du pollen ?

D’une année sur l’autres, les acariens de cette espèce peuvent se multiplier dans les hôtels à insectes. D’où l’importance de ne pas laisser les nichoirs ou hôtels à insectes livrés à eux-mêmes : ils deviendraient rapidement pleins de ces petits parasites et affaibliraient considérablement les générations d’abeilles qui viendraient nicher dans l’abri au fil des années.

En renvoyant vos cocons à l’équipe des Dorloteurs à la fin de l’automne, vous permettez à vos cocons d’être débarrassés de ces parasites. Cela vous permet également de bien nettoyer vos Dorlotoirs en prévision de la saison suivante !

La mouche drosophile (espèce Cacoxenus indagator)

Comment agit la mouche drosophile ?

Cette mouche, aussi connue sous le nom de Cacoxenus indagator, est un parasite particulièrement redoutable pour les nids des osmies. Pendant la phase de construction du nid, elle attend que l’abeille se soit éloignée du Dorlotoir pour aller chercher du pollen. Elle pénètre alors dans son nid et pond ses propres œufs sur le stock de pollen laissé par l’abeille avant de ressortir aussitôt.

Une fois que la mouche a pondu, nous observons l’apparition d’asticots blancs et de filaments très fins et oranges vifs qui occupent une grande partie des cellules infestées. Ces larves de mouche vont se nourrir du pollen et affamer la larve d’abeille en développement, sans toutefois s’en prendre directement à elle.

Le cycle de cette mouche coïncide particulièrement avec celui de l’osmie cornue, ce qui en fait un de ses parasites principaux.

Si les études ne l’ont pas démontré clairement, il est possible que cette petite mouche s’immisce aussi dans les nids d’osmia cornuta en fissurant le bouchon de terre et en y pénétrant pour pondre ses œufs.

Comment limiter l’impact de la mouche Cacoxenus indagator sur les larves d’osmies ?

Ce parasite est si répandu et si fréquent qu’il est difficile de limiter son intervention dans les nids des osmies lorsque ces dernières sont en période de nidification. Il est toutefois conseillé de mettre les nids à l’abri dès que possible : en retirant les tunnels en carton dès qu’ils sont bouchés par les abeilles ou en mettant un filet autour du Dorlotoir par exemple.

Le clairon des abeilles solitaires (Trichodes alvearius)

Quel est l’impact du clairon des abeilles sur les nids d’abeilles sauvages ?

Ce petit insecte rouge et noir pond dans les nids des abeilles sauvages et ses larves oranges dévorent les larves d’abeilles en développement. Particulièrement vorace, une seule larve de ce parasite peut décimer plusieurs cellules d’un nid d’abeille solitaire (osmie ou mégachile).

Que peut-on faire pour protéger les abeilles sauvages du clairon des abeilles ?

De même que pour tous les autres types de parasites, il faut mettre les nids des abeilles sauvages à l’abri le plus vite possible. Dès qu’un tube en carton est bouché, retirez-le du Dorlotoir pour le mettre à l’abri. Il est également possible d’utiliser des filets pour bloquer l’accès aux parasites et prédateurs un peu trop curieux.