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Dorloteurs

Le xylocope violet, aussi appelé abeille charpentière, est une abeille solitaire qui ne s’installe pas dans nos Dorlotoirs mais que vous pouvez rencontrer en France du mois de juin jusqu’à la fin de l’été.

Le nid de l’abeille charpentière

Son appellation d’abeille charpentière ne vient pas de son alimentation car ce n’est pas un xylophage (régime alimentaire à base de bois), mais il est dû à son comportement de nidification.

En effet, cette butineuse construit son propre nid dans du bois mort, dans du bambou ou dans des tiges séchées en grignotant le bois à l’aide de ses puissantes mandibules.

Également appelée « abeille perce-bois », l’abeille charpentière s’attaque au bois tendre et usé afin d’y creuser plusieurs galeries où elle pond ses œufs. Ces galeries sont parallèles et communicantes, mais de longueurs différentes et pouvant atteindre 30 cm. Elles ont une ouverture unique que le xylophage prend soin de fermer par une petite boule qui ressemble à du coton une fois qu’elle a terminé de pondre ses œufs. Les galeries de l’abeille charpentière sont divisées en « loges » séparées par de la sciure de bois, afin que chaque larve s’y développe. Pour cela, l’abeille dépose du pollen dans chacune de ces loges, avant d’y pondre un oeuf. Le pollen permettra à la larve de se nourrir.

Il n’y a pas de standard pour le nombre de galeries ou encore de loges, cela dépend de la place que l’abeille a pour construire son nid. Ainsi, une femelle construira ainsi entre 1 et 3 nids dans sa vie et cela généralement proche de l’endroit où elle est née.

Il est assez facile de repérer un nid d’abeille charpentière : on peut observer au pied du nid des tas de copeaux de bois qui proviennent de la fabrication de celui-ci.

L’abeille charpentière, un pollinisateur inoffensif

L’abeille charpentière est également qualifiée de voleuse de nectar.  Ayant une langue courte, elle ne peut donc pas récupérer le nectar des fleurs qui ont un tube floral profond, elle perce alors la base de la fleur pour y atteindre la source de nourriture. Lorsqu’elle butine les plus grandes fleurs, elle utilise l’accès « classique » et joue ainsi le rôle de pollinisateur. Cette abeille a tout de même une préférence pour les plantes Fabacées et les Lamiacées. 

Merci à @Géraldine pour cette magnifique photo, grâce à laquelle elle a gagné notre concours photo de juin !

Malgré son aspect impressionnant, l’abeille charpentière ne représente aucun danger pour l’homme et elle ne s’attaque qu’au bois extérieur qui est déjà abîmé. Elle ne fait pas non plus de dégâts notables au jardin mais joue plutôt le rôle de pollinisateur pour les vergers et les potagers.

Alors n’ayez pas de craintes si vous observez (ou entendez !) cette grosse abeille sombre et bruyante. Elle est passionnante et tout à faut inoffensive !

L’anthidium manicatum, plus communément appelée « abeille cotonnière » est une espèce d’abeille sauvage que l’on nomme ainsi pour son utilisation de fibres végétales d’aspect cotonneux pour fabriquer son nid.

C’est l’espèce d’abeilles non gérée par l’homme la plus répandue dans le Monde. Elle est même considérée à certains endroits, en dehors de l’Europe, comme une espèce invasive.

Comment reconnaître une abeille cotonnière ?

L’abeille cotonnière est assez reconnaissable parmi les abeilles solitaires. Elle a une envergure d’environ 20 millimètres et une longueur de corps variant entre 11 et 13 millimètres pour les femelles et entre 14 et 17 millimètres pour les mâles qui sont donc nettement plus grands.

On les reconnaît par leur couleur noire et leurs taches jaunes sur les côtés de leur abdomen.

Attention tout de même à ne pas les confondre avec des guêpes ou encore avec des frelons ! Pour cela, il faut bien observer si l’insecte a de la fourrure ou non car les guêpes et les frelons sont glabres contrairement aux abeilles qui sont poilues.

Quel est le comportement des anthidiums manicatums ?

Actives entre le mois de juin et le mois de septembre environ, ces abeilles butinent toutes sortes de fleurs et de plantes ce qui les définit comme des pollinisateurs généralistes.

Néanmoins, ces abeilles sauvages ont une préférence pour les fleurs de couleur bleue comme l’épiaire, la lavande ou encore les phacélies qu’elles aiment butiner à des endroits ensoleillés.

Certes non menacée, nous devons tout de même protéger cette espèce qui représente un véritable atout pour notre environnement et la biodiversité.

Pour ce qui est de leur agressivité, les mâles sont agressifs envers les autres mâles de leur espèce et envers les différents insectes qui viennent butiner leur territoire. Pour protéger ce territoire et les femelles, les mâles percutent leur cible en plein vol en les frappant avec leur dard.

Les anthidiums manicatums peuvent rester plusieurs heures à dormir en volant avec pour seule attache à une plante, leurs mandibules. Elles peuvent également être stationnaires et voler sur place comme certaines mouches.

Comment les abeilles cotonnières fabriquent-elles leur nid ?

L’abeille cotonnière niche dans les cavités déjà existantes comme dans du bois, dans des trous d’arbres, dans des creux de murs, dans des galeries creusées par des insectes ou encore dans le sol. Ainsi, vous aurez peut-être la chance de pouvoir la voir s’installer dans votre Dorlotoir et l’observer.

Pour fabriquer leur nid, elles arrachent les poils et les fibres des plantes et en font de petits ballots qu’elles transportent sous leur corps pour en tapisser et garnir leur nid et ainsi isoler leurs cocons et bloquer le tunnel.

Alors ouvrez l’oeil et essayez d’apercevoir ces petites pollinisatrices à proximité de vos Dorlotoirs !

Avez-vous récemment remarqué des trous ovales et réguliers sur vos plantes ? Ce travail n’est peut-être pas le fruit de parasites mais celui des mégachiles, aussi appelées abeilles coupeuses de feuilles.

Qu’est-ce qu’une mégachile ?

Les mégachiles regroupent des dizaines d’espèces d’abeilles différentes, réparties en sous-espèces. Elles ont la particularité de découper des feuilles ou des pétales de fleurs d’une façon tellement régulière et nette qu’on dirait des trous de poinçons, d’où leur nom d’abeilles « coupeuses de feuilles ». Leur travail n’est pas à confondre avec celui de certains parasites tels que les otiorhynques, des coléoptères, qui font un travail beaucoup moins précis, moins net et moins circulaire. Les mégachiles sont des abeilles de taille moyenne (entre 5 et 20 mm) et d’aspect différent selon l’espèce.

Pourquoi les mégachiles découpent-elles les plantes de mon jardin ?

Ces petites abeilles championnes de la pollinisation découpent nos plantes afin de fabriquer le nid dans lequel elles pondent leurs œufs.

Elles fabriquent leur nid dans des cavités creuses déjà existantes comme des tiges de plantes, des trous dans des roches ou dans du bois mais également des fentes d’objets fabriqués par l’homme comme des trous d’aération de fenêtres, des poutres ou autres.

Une fois l’emplacement de leur nid trouvé, elles l’agrandissent si besoin et le nettoient avant de le tapisser de feuilles.

Leur drôle de nid en forme de cigare

Leur nid est une longue série de cellules dans lesquelles elles déposent successivement du nectar et du pollen puis un œuf avant de refermer chaque cellule par une feuille en guise de cloison. Composé de coupes de feuilles ou de pétales circulaires de tailles différentes, des coupes plus grandes pour les parois et des coupes plus petites pour les cloisons, leur nid a l’aspect d’un cigare.

Les mégachiles ne choisissent pas les feuilles au hasard. Elles découpent des feuilles minces, lisses et souples afin de pouvoir les rouler facilement pour tapisser leur nid. Elles privilégient alors les feuilles de rosiers, de hêtres ou encore de cerisiers par exemple.

La mégachile : une abeille au cycle de vie très court

Les mégachiles ne vivent pas longtemps et il n’y a qu’une seule génération d’abeilles par an.

Chaque œuf se transforme en larve qui se nourrit du nectar et du pollen déposé au fond de sa cellule avant de se créer un cocon pour passer l’hiver.

Vous pouvez les observer à partir du mois de mai où les premières jeunes abeilles sortent de leur cocon et cherchent à se reproduire et à fabriquer un nid.

Les mâles meurent peu de temps après la reproduction et les femelles quelques semaines après la ponte dans leur nid.

De plus, les mégachiles peuvent être les proies de prédateurs comme certaines espèces de guêpes ou d’abeilles qui pondent leurs œufs dans leur nid ou mangent leurs larves. C’est une population qui est encore peu suivie et méconnue.

Les trous laissés par les mégachiles dans mes plantes risquent-ils de les faire mourir ?

Ne vous inquiétez pas ! Les dommages causés à vos plantes ne sont qu’esthétiques et ces dernières n’en souffrent pas. Au contraire, cela stimule la pousse de leurs feuilles ! Alors ne tuez pas ces petites butineuses en essayant de traiter vos plantes car les abeilles sauvages sont essentielles à notre biodiversité.