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Vous le savez certainement déjà, mais faire partie du réseau des Dorloteurs d’Abeilles, c’est favoriser la pollinisation des espèces végétales de notre environnement. La pollinisation est un processus essentiel à la survie de la majorité des espèces terrestres, l’Homme en première ligne. Quel est le rôle des abeilles dans la pollinisation ?

C’est quoi la pollinisation ?

La pollinisation est le terme employé pour désigner le transport du pollen issu des organes de reproduction mâle des plantes à fleurs, vers les organes de reproduction femelle. Ce phénomène peut parfois avoir lieu sans l’action de pollinisateurs comme les abeilles sauvages. En effet, certaines plantes sont hermaphrodites et peuvent donc s’auto-féconder. L’action du vent ou des pollinisateurs permet un brassage génétique, qui lui-même permettra de rendre les plantes plus résistantes en évitant la consanguinité. C’est en allant d’une plante à l’autre que les insectes pollinisateurs permettent la pollinisation et favorisent ce brassage génétique.

Comment les abeilles sauvages pollinisent-elles ?

Les abeilles sauvages, et plus largement tous les pollinisateurs (bourdons, abeilles à miel, papillons …), n’ont pas conscience de participer à la reproduction des espèces végétales quand ils vont de fleur en fleur. Ils sont pourtant essentiels !

Les abeilles sauvages cherchent avant tout à collecter du nectar et du pollen pour se nourrir et nourrir leurs larves à naître. En butinant une fleur, l’abeille sauvage stocke du pollen sur ses pattes, son abdomen ou encore sa brosse ventrale. Or, le transport s’avère si mouvementé que seulement 10% du pollen arriveront à bon port, au nid, tandis que les 90% restants tomberont du corps de l’abeille, en vol, ou lorsqu’elle se posera sur une nouvelle fleur. Tout ceci contribuera à la pollinisation et donc à la reproduction des plantes. 

Les abeilles sont-elles toutes aussi efficaces pour polliniser ?

Comme expliqué plus haut, ce ne sont que 10% du pollen récolté par les abeilles sauvages qui arriveront au nid. Les abeilles à miel, elles, sont mieux équipées pour le transport du pollen. Grâce notamment à des corbeilles à pollen, situées sur leur troisième et dernière rangée de pattes, et permettant de fixer le pollen grâce à des soies recourbées. De plus, les abeilles domestiques agglomèrent le précieux pollen sous forme de boulettes, ce qui accentue sa tenue et réduit la déperdition. En ce qui concerne les abeilles sauvages, ce sont les poils et la brosse à pollen qui servent à capter et transporter le pollen. Cette brosse peut se situer sur les pattes arrière, ou sous l’abdomen pour les espèces de la famille Megachilidae.

Cette fixation précaire du pollen au corps de l’abeille sauvage est l’un des facteurs expliquant la plus grande efficacité de son travail de pollinisation, en comparaison au travail fourni par les abeilles domestiques. Un des autres facteurs est la précocité de certaines espèces ainsi que leur facilité à s’accommoder des intempéries et des basses températures. Suivant les estimations, l’abeille domestique ne sort butiner qu’au-delà de 7 ou 9°C, quand certaines abeilles sauvages peuvent polliniser alors qu’il fait 3°C ! Selon des chercheurs de l’Entomological Society of America, il faut plusieurs dizaines de milliers d’abeilles à miel pour polliniser un hectare de pommiers, quand quelques centaines d’osmies cornues suffisent. Certaines plantes sont exclusivement butinées par des abeilles sauvages. Et parfois par un certain type d’abeille sauvage. On distingue par exemple les abeilles sauvages à langue longue, des abeilles sauvages à langues courtes. Certaines fleurs à corolles ne peuvent être butinées par les abeilles sauvages à langue longue comme celles de la famille Megachilidae.

Quelles sont les menaces qui pèsent sur les populations d’abeilles ?

Tous les superlatifs sont bons pour qualifier l’action des pollinisateurs : primordiale, essentielle, indispensable, capitale… Pourtant, leurs habitats naturels se réduisent comme peau de chagrin, les plantes produisant le pollen ou le nectar dont ils peuvent se nourrir se raréfient ou sont imbibées d’insecticides, des prédateurs étrangers sont importés par l’activité humaine … On ne compte plus les menaces qui pèsent sur eux.

Pour certains agriculteurs vivant dans des zones devenues très pauvres en pollinisateurs, pas d’autre choix que de polliniser à la main ! C’est le cas dans la province du Sichuan, en Chine. Les paysans ont tellement eu recours aux insecticides pour traiter leurs champs, que les abeilles n’ont pas survécu, ou ont vu leur nombre baisser drastiquement. Ils sont alors forcés d’employer des personnes pour grimper dans les pommiers et polliniser manuellement les fleurs, avec des pinceaux par exemple. Triste situation qui, si l’on n’agit pas rapidement, pourra s’étendre à toutes les productions agricoles du monde…

Pourquoi est-il primordial de protéger les pollinisateurs ?

On estime que parmi les plantes les plus cultivées au monde, 80% d’entre elles sont entièrement dépendantes des pollinisateurs pour leur reproduction. Cela signifie que sans les abeilles (qui représentent le groupe le plus actif de pollinisateurs), presque toutes les plantes que nous utilisons pour nous nourrir, nous soigner ou nous habiller disparaitraient ! Finies les salades de melon durant l’été, finis les verres de jus de pomme au réveil et finie la confiture à la fraise sur les crêpes ! Au-delà de devoir abandonner ces petits plaisirs qui font le sel de la vie, cela causerait de sérieux problèmes d’approvisionnement alimentaire pour la population humaine mondiale.

En 2009, des chercheurs ont avancé que l’action des pollinisateurs envers les productions agricoles pouvait être valorisée à hauteur de 153 milliards d’euros par an ! Ces chiffres donnent le tournis et sont la preuve, s’il en fallait encore une, de l’importance de la préservation des pollinisateurs.

Comment protéger les pollinisateurs ?

Pour pallier cette baisse des populations de pollinisateurs, on peut par exemple choisir de dorloter des abeilles sauvages grâce à un Dorlotoir. Plus nous serons nombreux dans cette aventure, et plus la fleur de l’espoir grandira pour les populations d’abeilles sauvages !

Merci aux Dorloteurs et Dorloteuses qui nous ont envoyé des photos de leurs abeilles, qui illustrent cet article !

Nous sommes désormais en plein mois de mars, les jours rallongent et on peut enfin ôter une couche de vêtements lorsque l’on sort dehors. Ce mois marque aussi le début de la haute saison pour les abeilles sauvages ! Votre Dorlotoir est enfin installé et parmi les abeilles que vous avez le plus de chances d’accueillir, il y a l’Osmie Cornue (Osmia Cornuta) et l’Osmie Rousse (Osmia Rufa). Bien qu’appartenant toutes deux au genre des osmies, elles présentent de légères différences.

Reconnaître l’osmie cornue (osmia cornuta)

L’osmia cornuta, ou osmie cornue, mesure de 8 à 15mm. On la reconnaît facilement à son corps trapu, à la pilosité rousse de son abdomen et aux poils noirs de son thorax ainsi que de sa tête. On peut faire la différence entre un mâle et une femelle car le mâle est bien plus petit et a des poils blancs sur la face. Sur la photo ci-dessous, capturée par l’un de nos Dorloteurs d’abeilles (merci Laurent !), on distingue bien le toupet de poils blancs du mâle osmia cornuta.

osmie cornue mâle et femelle (osmia cornuta)
Couple d’osmies cornues (osmia cornuta)

Comment se comporte l’osmie cornue ?

On peut apercevoir les osmies cornues entre mars et juin. Mais il est possible d’en observer plus tôt, si les matinées sont douces, aux alentours de 12 degrés. Particulièrement friande de rosacées (pommiers, poiriers etc) et de fabacées (comme le trèfle), sa capacité pollinisatrice est très recherchée dans les cultures d’arbres fruitiers. Il n’est en effet pas rare de voir des nichoirs à abeilles sauvages près des vergers. Une fois tous ses œufs pondus, l’osmie clôture son nid avec de la terre humide. Et, parce qu’elle est très maligne, elle fait souvent en sorte de camoufler l’entrée de son nid en dosant habilement les éléments qu’elle mélangera pour obtenir cette terre maçonnée.

Des nids d’osmies dans un Dorlotoir

Reconnaître l’osmie rousse (osmia rufa)

Quelques jours ou semaines après la sortie des osmies cornues, on assiste à la sortie des osmies rousses. L’osmia rufa, ou osmie rousse, mesure de 8 à 12mm. Elle arbore des couleurs légèrement différentes de celles de sa cousine cornue. Les poils de son abdomen sont plus sombres et ceux de son thorax sont plus clairs, dans des tons brun roux.

Une osmie rousse (osmia rufa)

Comment se comporte l’osmie rousse ?

L’osmie rousse est elle aussi très efficace pour la pollinisation des arbres fruitiers. Pour construire les parois de son nid, elle s’en va récolter de la terre argileuse aux alentours du lieu choisi et a le même mode opératoire que l’osmie cornue.

Pour savoir quelles plantes privilégier dans un jardin aromatique pour permettre à ces deux espèces d’abeilles de se nourrir, lisez notre article à ce sujet 😊

Bonnes observations à toutes et tous !

Votre jardin semble bien triste en ce début de mois de mars et vous souhaitez y ajouter un peu de gaieté et de couleur, en choisissant les meilleures plantes pour les abeilles ? Les fleurs plantées dans votre jardinière faite-maison lors du premier confinement ne donnent plus signe de vie ? C’est le cas pour beaucoup d’entre nous malheureusement… Nous allons ici vous montrer quelques-unes des plantes à privilégier pour les abeilles et les pollinisateurs en mars !

Il existe des plantes pour les abeilles (mellifères) à chaque saison, il faut bien évidemment savoir à quel moment de l’année les planter pour optimiser leur développement !

Découvrez aussi notre article sur l’osmie cornue, l’une des premières abeilles sauvages à éclore dans nos jardins en mars !

Planter du romarin pour les abeilles

planter du romarin pour les abeilles

Commençons tout d’abord par une plante qui saura ravir les pollinisateurs (abeilles sauvages et abeilles domestiques), mais également les cordons bleus qui nous lisent : le romarin. Reconnu également pour ses vertus médicales, le romarin peut être planté dès l’arrivée du printemps et jusqu’à l’automne. Tandis que nous raffolons de lui dans nos grillades estivales, lui raffole des sols filtrants et maigres. Il aura besoin de beaucoup de soleil pour développer ses arômes et ainsi attirer les abeilles, alors trouvez-lui plutôt un coin au soleil. Il est nécessaire de bien arroser le romarin la première année en cas de sécheresse, mais passé ce délai, il se débrouillera tout seul. On peut récolter ses branches aromatiques toute l’année !

Le thym : plante idéale pour les abeilles

planter du thym pour les abeilles et pollinisateurs

Parlons maintenant d’une plante idéale pour les abeilles et qui ravira encore une fois les fins gourmets : le thym. Comme son compère le romarin, on peut planter le thym dès le début du printemps, dans une terre légère et bien drainée. Une exposition au soleil et un arrosage régulier en l’absence de pluie la première année lui seront essentiels. Vous pourrez récolter ses branches toute l’année en prenant soin de couper les branches de l’année.

Voilà déjà de quoi satisfaire les pollinisateurs alentours, et de quoi ravir nos papilles, tout en donnant à notre jardinière ou notre jardin des airs de sud-est. Bien d’autres espèces mellifères peuvent être plantées au début du printemps, on pense à la phacélie, la bourrache ou encore la moutarde blanche ! (attention, toutes ne sont pas comestibles 😉 )