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Dorloteurs

Vous les avez sûrement vues butiner les arbres fruitiers ou les fleurs à floraison précoce de vos jardins : qui sont ces petites osmies qui investissent les Dorlotoirs dès le mois de mars ?

Comment reconnaître une osmie cornue ?

L’osmie cornue (osmia cornuta) est une petite abeille sauvage facilement reconnaissable aux poils roux vifs de son abdomen et à sa tête noire. Il existe deux différences majeures entre les mâles et les femelles, qui permettent de les différencier en un coup d’œil :  les mâles ont une jolie touffe de poils blancs sur la tête et sont beaucoup plus petits que les femelles.

Quand puis-je observer des osmies cornues ?

Les osmies cornues font partie des premières espèces d’abeilles à sortir de leur période de sommeil, dès mi-mars. Jusqu’à fin juin, on dit qu’elles sont en période de vol. Cela signifie qu’elles se reproduisent et construisent leurs nids pour pondre leurs œufs. De juillet à février de l’année suivante, les osmia cornuta se développent dans leur nid sous forme de cocon et ne sont donc pas visibles.

Où peut-on observer osmia cornuta ?

Les osmies cornues sont présentes partout en Europe, à l’exception des pays nordiques. En France, elles sont observables sur l’ensemble du territoire. Si elles ont disparu de certaines zones d’agriculture intensive à cause de l’utilisation de pesticides, elles peuvent tout à fait se plaire dans les zones urbaines, où elles trouvent de quoi se nourrir dans les jardins, les parcs, les balcons… Ouvrez l’œil : ces petites abeilles d’environ 1.5 cm sont très discrètes !

Comment les osmies font-elles leur nid ?

Dans la nature, les abeilles maçonnes comme l’osmie cornue font leurs nids dans des tunnels : tiges creuses ou galeries dans du bois par exemple. En conséquence de la raréfaction de leur habitat naturel, elles ont tendance à s’installer dans les trous d’aération des fenêtres, des interstices dans les boiseries…

Leurs nids sont composés de cellules en enfilade, séparées entre elles par des parois de terre. Chacune de ces cellules contient des réserves de pollen et un œuf. L’osmie cornue peut choisir le sexe de l’œuf qu’elle pond : les futures femelles sont dans le fond du tunnel et les mâles à l’entrée. Les larves consomment les réserves de pollen contenues dans les cellules, qui leur permettent de construire un cocon dans lequel elle passera 9 à 10 mois ! Mi-mars, les premiers cocons mâles éclosent et attendent impatiemment les femelles pour la période de reproduction.

Qu’est-ce qu’une abeille sauvage ?

Publié le 15 avril 2020

Vous connaissez forcément le monde des abeilles, petites butineuses à la recherche de pollen du printemps à la fin de l’été. Mais saviez-vous qu’il en existe une incroyable diversité ? Qu’appelle-t-on abeille sauvage, ou solitaire ? Quelles différences y a-t-il entre une abeille sauvage et une abeille domestique ?

Des abeilles sauvages dans l’ombre de leur cousine domestique

Malgré les quelques 20 000 espèces d’abeilles qui existent dans le monde, le grand public assimile souvent l’« abeille » à l’espèce apis mellifera, qui vit dans une ruche et fabrique du miel. C’est d’ailleurs cette abeille que l’on présente aux tout petits, biberonnés aux dessins animés tels que Maya l’Abeille ou Bee Movie. C’est aussi l’abeille la plus visible puisqu’elle vit en colonie parmi 40 000 autres congénères ! Difficile donc de passer à côté d’une telle effervescence. Enfin, nous la connaissons à travers le miel, que nos ancêtres consommaient déjà à la Préhistoire ! Autant dire que l’Histoire de l’Homme s’est toujours faite au côté de cette petite butineuse

Des abeilles qui ne font pas de miel, ça existe ?

Il existe plus de 19 000 autres espèces d’abeilles, dont un millier en France, dont la très grande majorité sont des abeilles sauvages. Ces abeilles sauvages ou « solitaires » tiennent leur nom du fait qu’elles ne vivent pas en colonie. Chaque abeille construit son propre nid dans lequel elle pondra ses œufs. Ne bénéficiant pas de l’effet de groupe d’apis mellifera, les abeilles solitaires sont donc beaucoup plus discrètes et moins visibles. Parmi cette incroyable diversité d’espèces, nous observons de nombreuses différences physiques et comportementales. Alors, quels sont les principaux groupes d’abeilles sauvages ?

Une grande diversité d’abeilles sauvages

Nous pouvons différencier les abeilles sauvages selon leurs techniques de nidification:

  • Les abeilles terricoles creusent leur tunnel dans le sol : elles représentent 70% des abeilles sauvages 
  • Les abeilles maçonnes – celles qui viendront élire domicile dans votre Dorlotoir – construisent leur nid dans des tunnels et le colmatent à l’aide de boue ou d’argile.
  • Les abeilles coupe-feuilles construisent leur nid dans des tunnels ou des trous, à l’aide de feuilles qu’elles découpent avec une précision et une netteté impressionnantes ! Vous pourrez également en apercevoir dans votre Dorlotoir.
  • D’autres groupes d’abeilles construisent leur nid dans des coquilles d’escargot vides, ou dans des galeries creusées par d’autres insectes.

Dès la fin du mois de mars, ouvrez l’œil et tentez d’apercevoir l’une de ces petites butineuses, discrètes mais primordiales dans le maintien de la biodiversité !