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Dorloteurs

Avez-vous récemment remarqué des trous ovales et réguliers sur vos plantes ? Ce travail n’est peut-être pas le fruit de parasites mais celui des mégachiles, aussi appelées abeilles coupeuses de feuilles.

Qu’est-ce qu’une mégachile ?

Les mégachiles regroupent des dizaines d’espèces d’abeilles différentes, réparties en sous-espèces. Elles ont la particularité de découper des feuilles ou des pétales de fleurs d’une façon tellement régulière et nette qu’on dirait des trous de poinçons, d’où leur nom d’abeilles « coupeuses de feuilles ». Leur travail n’est pas à confondre avec celui de certains parasites tels que les otiorhynques, des coléoptères, qui font un travail beaucoup moins précis, moins net et moins circulaire. Les mégachiles sont des abeilles de taille moyenne (entre 5 et 20 mm) et d’aspect différent selon l’espèce.

Pourquoi les mégachiles découpent-elles les plantes de mon jardin ?

Ces petites abeilles championnes de la pollinisation découpent nos plantes afin de fabriquer le nid dans lequel elles pondent leurs œufs.

Elles fabriquent leur nid dans des cavités creuses déjà existantes comme des tiges de plantes, des trous dans des roches ou dans du bois mais également des fentes d’objets fabriqués par l’homme comme des trous d’aération de fenêtres, des poutres ou autres.

Une fois l’emplacement de leur nid trouvé, elles l’agrandissent si besoin et le nettoient avant de le tapisser de feuilles.

Leur drôle de nid en forme de cigare

Leur nid est une longue série de cellules dans lesquelles elles déposent successivement du nectar et du pollen puis un œuf avant de refermer chaque cellule par une feuille en guise de cloison. Composé de coupes de feuilles ou de pétales circulaires de tailles différentes, des coupes plus grandes pour les parois et des coupes plus petites pour les cloisons, leur nid a l’aspect d’un cigare.

Les mégachiles ne choisissent pas les feuilles au hasard. Elles découpent des feuilles minces, lisses et souples afin de pouvoir les rouler facilement pour tapisser leur nid. Elles privilégient alors les feuilles de rosiers, de hêtres ou encore de cerisiers par exemple.

La mégachile : une abeille au cycle de vie très court

Les mégachiles ne vivent pas longtemps et il n’y a qu’une seule génération d’abeilles par an.

Chaque œuf se transforme en larve qui se nourrit du nectar et du pollen déposé au fond de sa cellule avant de se créer un cocon pour passer l’hiver.

Vous pouvez les observer à partir du mois de mai où les premières jeunes abeilles sortent de leur cocon et cherchent à se reproduire et à fabriquer un nid.

Les mâles meurent peu de temps après la reproduction et les femelles quelques semaines après la ponte dans leur nid.

De plus, les mégachiles peuvent être les proies de prédateurs comme certaines espèces de guêpes ou d’abeilles qui pondent leurs œufs dans leur nid ou mangent leurs larves. C’est une population qui est encore peu suivie et méconnue.

Les trous laissés par les mégachiles dans mes plantes risquent-ils de les faire mourir ?

Ne vous inquiétez pas ! Les dommages causés à vos plantes ne sont qu’esthétiques et ces dernières n’en souffrent pas. Au contraire, cela stimule la pousse de leurs feuilles ! Alors ne tuez pas ces petites butineuses en essayant de traiter vos plantes car les abeilles sauvages sont essentielles à notre biodiversité.

Dès le mois de mars, les abeilles sauvages font leur nid dans vos Dorlotoirs. Elles construisent des cellules en enfilade, chacune de ces cellules contenant un œuf et un stock du pollen. La larve issue de l’œuf consomme le stock de pollen pour se développer, grandir et construire son cocon, dans lequel elle passera ensuite de longs mois avant d’éclore. Les nids des abeilles maçonnes peuvent représenter de véritables garde-manger pour certains parasites qui n’hésitent pas à s’attaquer aux nids de vos petites butineuses. Quels sont les principaux parasites que l’on retrouve dans les nids des abeilles sauvages ? Comment limiter leur impact ?

L’acarien du pollen (espèce Chaetodactylus osmiae)

Quel est le mode d’action de cet acarien ?

 Ce type d’acarien se nourrit de pollen et peut donc être présent sur certaines fleurs. Lorsque l’abeille sauvage butine et repart de la fleur les poils chargés de pollen, elle peut ramener – bien malgré elle – des acariens dans son nid. Une fois installés dans les cellules du nid, ces petits parasites se reproduisent et s’attaquent aux réserves de pollen.

Au début du printemps, lorsque les jeunes abeilles d’autres cellules sortent du nid, elles passent à travers ces cellules infestées par les acariens, et deviennent porteuses à leur tour. Il existe de nombreuses photos de ces pauvres abeilles, disparaissant pratiquement sous une montagne d’acariens, presque incapables de voler sous leur poids (voir ci-dessus).

Comment préserver les populations d’osmies des acariens du pollen ?

D’une année sur l’autres, les acariens de cette espèce peuvent se multiplier dans les hôtels à insectes. D’où l’importance de ne pas laisser les nichoirs ou hôtels à insectes livrés à eux-mêmes : ils deviendraient rapidement pleins de ces petits parasites et affaibliraient considérablement les générations d’abeilles qui viendraient nicher dans l’abri au fil des années.

En renvoyant vos cocons à l’équipe des Dorloteurs à la fin de l’automne, vous permettez à vos cocons d’être débarrassés de ces parasites. Cela vous permet également de bien nettoyer vos Dorlotoirs en prévision de la saison suivante !

La mouche drosophile (espèce Cacoxenus indagator)

Comment agit la mouche drosophile ?

Cette mouche, aussi connue sous le nom de Cacoxenus indagator, est un parasite particulièrement redoutable pour les nids des osmies. Pendant la phase de construction du nid, elle attend que l’abeille se soit éloignée du Dorlotoir pour aller chercher du pollen. Elle pénètre alors dans son nid et pond ses propres œufs sur le stock de pollen laissé par l’abeille avant de ressortir aussitôt.

Une fois que la mouche a pondu, nous observons l’apparition d’asticots blancs et de filaments très fins et oranges vifs qui occupent une grande partie des cellules infestées. Ces larves de mouche vont se nourrir du pollen et affamer la larve d’abeille en développement, sans toutefois s’en prendre directement à elle.

Le cycle de cette mouche coïncide particulièrement avec celui de l’osmie cornue, ce qui en fait un de ses parasites principaux.

Si les études ne l’ont pas démontré clairement, il est possible que cette petite mouche s’immisce aussi dans les nids d’osmia cornuta en fissurant le bouchon de terre et en y pénétrant pour pondre ses œufs.

Comment limiter l’impact de la mouche Cacoxenus indagator sur les larves d’osmies ?

Ce parasite est si répandu et si fréquent qu’il est difficile de limiter son intervention dans les nids des osmies lorsque ces dernières sont en période de nidification. Il est toutefois conseillé de mettre les nids à l’abri dès que possible : en retirant les tunnels en carton dès qu’ils sont bouchés par les abeilles ou en mettant un filet autour du Dorlotoir par exemple.

Le clairon des abeilles solitaires (Trichodes alvearius)

Quel est l’impact du clairon des abeilles sur les nids d’abeilles sauvages ?

Ce petit insecte rouge et noir pond dans les nids des abeilles sauvages et ses larves oranges dévorent les larves d’abeilles en développement. Particulièrement vorace, une seule larve de ce parasite peut décimer plusieurs cellules d’un nid d’abeille solitaire (osmie ou mégachile).

Que peut-on faire pour protéger les abeilles sauvages du clairon des abeilles ?

De même que pour tous les autres types de parasites, il faut mettre les nids des abeilles sauvages à l’abri le plus vite possible. Dès qu’un tube en carton est bouché, retirez-le du Dorlotoir pour le mettre à l’abri. Il est également possible d’utiliser des filets pour bloquer l’accès aux parasites et prédateurs un peu trop curieux.

Vous les avez sûrement vues butiner les arbres fruitiers ou les fleurs à floraison précoce de vos jardins : qui sont ces petites osmies qui investissent les Dorlotoirs dès le mois de mars ?

Comment reconnaître une osmie cornue ?

L’osmie cornue (osmia cornuta) est une petite abeille sauvage facilement reconnaissable aux poils roux vifs de son abdomen et à sa tête noire. Il existe deux différences majeures entre les mâles et les femelles, qui permettent de les différencier en un coup d’œil :  les mâles ont une jolie touffe de poils blancs sur la tête et sont beaucoup plus petits que les femelles.

Quand puis-je observer des osmies cornues ?

Les osmies cornues font partie des premières espèces d’abeilles à sortir de leur période de sommeil, dès mi-mars. Jusqu’à fin juin, on dit qu’elles sont en période de vol. Cela signifie qu’elles se reproduisent et construisent leurs nids pour pondre leurs œufs. De juillet à février de l’année suivante, les osmia cornuta se développent dans leur nid sous forme de cocon et ne sont donc pas visibles.

Où peut-on observer osmia cornuta ?

Les osmies cornues sont présentes partout en Europe, à l’exception des pays nordiques. En France, elles sont observables sur l’ensemble du territoire. Si elles ont disparu de certaines zones d’agriculture intensive à cause de l’utilisation de pesticides, elles peuvent tout à fait se plaire dans les zones urbaines, où elles trouvent de quoi se nourrir dans les jardins, les parcs, les balcons… Ouvrez l’œil : ces petites abeilles d’environ 1.5 cm sont très discrètes !

Comment les osmies font-elles leur nid ?

Dans la nature, les abeilles maçonnes comme l’osmie cornue font leurs nids dans des tunnels : tiges creuses ou galeries dans du bois par exemple. En conséquence de la raréfaction de leur habitat naturel, elles ont tendance à s’installer dans les trous d’aération des fenêtres, des interstices dans les boiseries…

Leurs nids sont composés de cellules en enfilade, séparées entre elles par des parois de terre. Chacune de ces cellules contient des réserves de pollen et un œuf. L’osmie cornue peut choisir le sexe de l’œuf qu’elle pond : les futures femelles sont dans le fond du tunnel et les mâles à l’entrée. Les larves consomment les réserves de pollen contenues dans les cellules, qui leur permettent de construire un cocon dans lequel elle passera 9 à 10 mois ! Mi-mars, les premiers cocons mâles éclosent et attendent impatiemment les femelles pour la période de reproduction.