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Dorloteurs

Nous sommes désormais en plein mois de mars, les jours rallongent et on peut enfin ôter une couche de vêtements lorsque l’on sort dehors. Ce mois marque aussi le début de la haute saison pour les abeilles sauvages ! Votre Dorlotoir est enfin installé et parmi les abeilles que vous avez le plus de chances d’accueillir, il y a l’Osmie Cornue (Osmia Cornuta) et l’Osmie Rousse (Osmia Rufa). Bien qu’appartenant toutes deux au genre des osmies, elles présentent de légères différences.

Reconnaître l’osmie cornue (osmia cornuta)

L’osmia cornuta, ou osmie cornue, mesure de 8 à 15mm. On la reconnaît facilement à son corps trapu, à la pilosité rousse de son abdomen et aux poils noirs de son thorax ainsi que de sa tête. On peut faire la différence entre un mâle et une femelle car le mâle est bien plus petit et a des poils blancs sur la face. Sur la photo ci-dessous, capturée par l’un de nos Dorloteurs d’abeilles (merci Laurent !), on distingue bien le toupet de poils blancs du mâle osmia cornuta.

osmie cornue mâle et femelle (osmia cornuta)
Couple d’osmies cornues (osmia cornuta)

Comment se comporte l’osmie cornue ?

On peut apercevoir les osmies cornues entre mars et juin. Mais il est possible d’en observer plus tôt, si les matinées sont douces, aux alentours de 12 degrés. Particulièrement friande de rosacées (pommiers, poiriers etc) et de fabacées (comme le trèfle), sa capacité pollinisatrice est très recherchée dans les cultures d’arbres fruitiers. Il n’est en effet pas rare de voir des nichoirs à abeilles sauvages près des vergers. Une fois tous ses œufs pondus, l’osmie clôture son nid avec de la terre humide. Et, parce qu’elle est très maligne, elle fait souvent en sorte de camoufler l’entrée de son nid en dosant habilement les éléments qu’elle mélangera pour obtenir cette terre maçonnée.

Des nids d’osmies dans un Dorlotoir

Reconnaître l’osmie rousse (osmia rufa)

Quelques jours ou semaines après la sortie des osmies cornues, on assiste à la sortie des osmies rousses. L’osmia rufa, ou osmie rousse, mesure de 8 à 12mm. Elle arbore des couleurs légèrement différentes de celles de sa cousine cornue. Les poils de son abdomen sont plus sombres et ceux de son thorax sont plus clairs, dans des tons brun roux.

Une osmie rousse (osmia rufa)

Comment se comporte l’osmie rousse ?

L’osmie rousse est elle aussi très efficace pour la pollinisation des arbres fruitiers. Pour construire les parois de son nid, elle s’en va récolter de la terre argileuse aux alentours du lieu choisi et a le même mode opératoire que l’osmie cornue.

Pour savoir quelles plantes privilégier dans un jardin aromatique pour permettre à ces deux espèces d’abeilles de se nourrir, lisez notre article à ce sujet 😊

Bonnes observations à toutes et tous !

Dès le début de l’été, certains d’entre vous ont observé une grande abeille au corps noir et au thorax roux s’installer dans les Dorlotoirs. Qui est cette abeille récemment introduite en France, qui prend ses aises dans vos jardins ?

A quoi ressemble l’abeille résinière géante ?

Cette espèce est la deuxième plus grande après le xylocope violacé, dont nous vous avons déjà parlé ici. Elle mesure de 13 à 25mm et ne passe donc pas inaperçue ! La brosse ventrale des femelles permet de fixer le pollen qu’elles transportent ainsi jusqu’au nid. Ses deux paires d’ailes ont un aspect fumé : elles sont translucides mais de couleur sombre.

Comment l’abeille Megachile sculpturalis fait-elle son nid ?

C’est l’une des caractéristiques les plus originales de cette abeilles. Depuis le début du printemps, nous avons eu l’occasion d’observer dans les Dorlotoirs : des abeilles maçonnes qui construisent leurs nids avec de la terre, des abeilles coupeuses de feuilles qui poinçonnent les feuilles de certains végétaux, les cotonnières qui utilisent des fibres végétales pour en faire une matière cotonneuse… Et voici notre toute première abeille résinière : megachile sculpturalis !

Les femelles de cette espèce récoltent de la résine sur les conifères alentours pour former les cellules de leurs nids. Chacune de ces cellules contient un stock de pollen et un oeuf.

Où trouve-t-on l’abeille résinière géante ?

Originaire d’Asie, cette abeille a fait son apparition dans le sud de la France assez récemment, après les années 2000. Elle est donc encore peu connue et nous avons trop peu de recul pour mesurer l’impact de son arrivée sur les écosystèmes.

Le cycle de vie de Megachile sculpturalis

Le cycle de cette abeille résinière est un peu différent de celui des autres espèces qui nichent dans le Dorlotoir. Si elles pondent entre juin et août, la larve met de long mois avant de se nymphoser, au printemps suivant. L’éclosion a lieu rapidement après, en été.

La guêpe noire isodonitia mexicana est une espèce de guêpe solitaire originaire d’Amérique qui a été introduit en France dans les années 1960. C’est un insecte qui aime le climat méditerranéen mais qui s’est propagé sur l’ensemble de la France suite aux fortes chaleurs de l’année 2003. Elle peut impressionner mais elle est totalement inoffensive pour l’Homme.

Comment reconnaît-on la guêpe noire isodontia mexicana ?

De couleur entièrement noire, cette guêpe est dotée d’un long pétiole courbé qui relie l’abdomen et le thorax. Son thorax et sa tête sont recouverts d’une pilosité grise et ses ailes sont fumées de couleur brune. Elle mesure entre 10 et 30 mm et les femelles sont plus grandes que les mâles. Cet insecte est muni d’un appareil buccal qui lui permet de lécher mais également de broyer. A l’âge adulte, elle se nourrit principalement de nectar. Au stade larvaire, elle est carnivore et se nourrit d’insectes comme des sauterelles. Cet insecte est actif du début de l’été à septembre, il est alors possible que vous l’observiez dans vos Dorlotoirs.

Le processus de nidification de l’isodontia mexicana

La guêpe noire isodontia mexicana fait son nid dans des cavités naturelles comme des tiges creuses ou des feuilles enroulées. Comme chez les abeilles maçonnes, son nid est composé de cellules en enfilade, séparées par des cloisons d’herbes sèches ou aiguilles de pin. Elle capture des orthoptères tels des grillons, des sauterelles, ou encore des criquets qu’elle place dans le nid. Elle pond ensuite des oeufs sur ses proies paralysées. Ces dernières serviront à nourrir les larves une fois les œufs éclos. Elle pond dans 6 à 8 cellules du nid, contenant chacune une ou plusieurs proies, puis elle le bourre d’herbes sèches et parfois d’aiguilles de pin dans le but de fermer l’ouverture du nid et de former un bouchon végétal.

On peut alors la retrouver dans les milieux où les orthoptères sont abondants : prairies, herbages, lisières, bords de chemins, parcs ou encore jardins.

Quel risque pour les abeilles de mon Dorlotoir ?

N’ayez pas d’inquiétude : isodontia Mexicana peut tout à fait cohabiter avec les abeilles sauvages de votre Dorlotoir. Si elle capture des sauterelles pour les placer dans son nid à l’attention de sa progéniture, elle n’est pas du tout intéressée par les abeilles sauvages. Vous êtes d’ailleurs déjà plusieurs à en avoir observé dans vos jardins, avec sa magnifique couleur bleutée et son mode opératoire peu ordinaire !